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Rencontre avec L’Auberge de Simon, association pour rompre la solitude des personnes handicapées

L’Auberge De Simon Oeuvre Pour Rompre L’isolement Des Personnes Handicapées

Lorsque le handicap survient, qu’il soit de naissance, dû à une maladie ou un accident de la vie, le quotidien est chamboulé. Il empêche parfois de se déplacer sans aide technique, de travailler, de se souvenir, … autant de pathologies avec lesquelles il faut composer.

Et au-delà des soucis d’accessibilité que nous évoquons régulièrement dans ces colonnes, l’un des maux difficiles à vivre est la solitude. Heureusement des associations œuvrent au quotidien pour améliorer la vie, sociale notamment, des personnes touchées par un handicap.

C’est notamment le cas de l’association L’Auberge de Simon, basée dans le Nord de la France et en lien avec les actions de la fédération Simon de Cyrène. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer le président de cette association, qui a accepté de répondre à nos questions pour présenter l’association et ses projets.

Handynamic : Vincent, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Vincent Leurent, jeune retraité et résidant à Marcq en Baroeul près de Lille.

Avec d’autres personnes de la région nous avons créé en avril 2019 l’association baptisée « L’Auberge de Simon », dont je suis le président, en collaboration avec la fédération Simon de Cyrène. Pour rappel, cette fédération regroupe plusieurs communautés dans des grandes villes de France et propose des groupes de Compagnons et des habitats partagés.

L’Auberge de Simon a donc créé un groupe de « Compagnons » en région Lilloise et projette la réalisation d’habitats partagés sur ce secteur.

Pourquoi « L’Auberge de Simon » ?

VL : Nous devions nous identifier localement vis-à-vis de Simon de Cyrène.
Ce nom est venu de nos moments partagés, que nous organisons sous la forme d’une auberge espagnole où chacun ramène quelque chose pour le repas. Comme ce sont des moments très forts pour nous, nous avons gardé « auberge » et compte tenu de notre proximité avec Simon de Cyrène nous avons décidé de l’appeler L’Auberge de Simon.

Quel est le principe de votre association et quel est votre projet actuel ?

VL : Nous nous sommes aperçus que les personnes ayant subi un traumatisme crânien ou un AVC ou même souffrant d’IMC éprouvent souvent des difficultés à avoir un lien social régulier. Ce sont des personnes particulièrement touchées par la solitude et l’isolement.

Nous avons donc d’abord créé notre groupe de Compagnons il y a 3 ans environ, qui est amené à s’étoffer. C’est un groupe de personnes, bénévoles, qui organisent des rencontres entre personnes en situation de handicap et valides pour passer du bon temps ensemble. Actuellement le rythme est d’une rencontre minimum par mois et permet de partager un repas, une sortie, des discussions en toute amitié. Par la suite nous souhaitons pouvoir créer un GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle) qui permettrait d’offrir des activités plusieurs jours par semaine.

Pour maintenir le lien, entre chaque rencontre et notamment parce que la crise sanitaire que nous traversons ces derniers mois complique les rassemblements, on garde le contact par téléphone, messages et via notre groupe WhatsApp qui regroupe actuellement une quinzaine de personnes.

Et ensuite, nous avons le projet de créer trois maisons d’habitats partagés sur l’agglomération de Lille. Dans chaque maison il y aura 6 personnes en situation de handicap et 5 personnes valides qui vivront donc ensemble au quotidien. Les personnes accompagnantes sont là pour aider les personnes handicapées à vivre au mieux, faire des activités, des repas, des fêtes, toujours dans l’idée de vivre des temps de partage tous ensemble.

Les bénévoles peuvent n’être que Compagnons (accompagnants) et ne participer qu’aux rencontres périodiques, ou s’investir dans le fonctionnement et l’organisation de l’association.

Les accompagnants en habitats partagés peuvent être originaires de tout milieu professionnel, il n’est pas nécessaire d’avoir des compétences médicales particulières. Les volontaires sont embauchés en CDI et complétés souvent par des jeunes en service civique qui s’engagent pour plusieurs mois voire plus. Toute cette équipe d’accompagnants est formée par la fédération  Simon de Cyrène.

Les premières maisons en habitat partagé sont nées il y a une dizaine d’années, en région parisienne, et aujourd’hui il y en a 25 réparties sur le territoire français (Nantes, Paris, Marseille, Angers, …).

Les Compagnons de Lille partagent des moments conviviaux entre personnes valides et handicapées

Où et quand ce projet d’habitats partagés verra-t-il le jour ?

VL : Nous avons trouvé un promoteur qui réalise un programme sur la ville de Croix, au centre de la ville afin de disposer des facilités de transports en commun notamment. Nous aurions les rez-de-chaussée de 3 petits immeubles pour composer nos 3 habitats partagés, avec chacun une grande terrasse et un jardin.

Le permis de construire devrait être déposé à l’été 2021 pour une ouverture en 2024.

Pouvez-vous nous dire ce qui vous a poussé à vous lancer dans cette association et dans ce projet ?

VL : Ayant eu deux filles gravement blessées dans un accident de la route qui a leur a occasionné un traumatisme crânien, j’ai donc été personnellement confronté au problème d’isolement de ces personnes. J’ai donc voulu aider ces personnes face à la survenue du handicap dans leurs vies, parce que je sais que c’est compliqué pour elles mais également que ce sont des personnes qui ont beaucoup à nous apporter sur notre humanité, sur le vivre ensemble. Notre société actuelle en a grandement besoin. Il est nécessaire de revenir aux valeurs essentielles de tout homme : prendre soin les uns des autres.

J’insiste sur le fait que nous ne faisons pas « à la place de » mais « avec » les personnes en situation de handicap. On les accompagne mais on ne fait pas à leur place, le but étant de leur laisser un maximum d’autonomie.
J’ai d’ailleurs une anecdote, lors du déménagement d’un Compagnon ne pouvant se servir que d’une main et chez qui il y avait quelques petits travaux d’aménagement à effectuer. J’ai machinalement pris la perceuse pour faire un trou mais le Compagnon me l’a reprise pour le faire lui-même. Et il a parfaitement réussi, il a percé et je n’ai fait qu’accompagner. Ça a peut-être pris un peu plus de temps mais le résultat était là, comme attendu, avec la satisfaction pour le Compagnon (et pour moi aussi) qu’il ait pu le faire « lui-même ».

Et il est important de préciser que beaucoup de bénévoles n’ont pas une histoire personnelle liée au handicap, mais ils se retrouvent dans ces échanges spontanés et libres avec les personnes en situation de handicap. L’idée c’est de pouvoir rendre heureux et être heureux en retour !

De quoi avez-vous besoin pour mener à bien ce projet ?

VL : Ce dont on a besoin aujourd’hui, c’est de renforcer l’équipe Compagnons, aussi bien accompagnants qu’accompagnés.

Donc pour cela, se faire connaître auprès du public concerné, c’est-à-dire que les personnes handicapées sachent ce que notre association peut leur apporter, même si peut-être elles ne souhaitent pas rejoindre les Compagnons dans l’immédiat. Nous pouvons bien sûr les accueillir pour déjà faire une première expérience de rencontre avec notre groupe Compagnons.
Et aussi recruter des bénévoles, amis, parents, proches de personnes handicapées ou simplement des personnes qui se retrouvent dans la mission de l’association.

Etant donné que l’association est récente, 2 ans, notre équipe n’est pas encore très développée et ne demande qu’à accueillir de nouvelles recrues. Pour aider à faire connaître l’association, L’Auberge de Simon est notamment en recherche de personnes sensibles à la communication afin de rédiger des lettres d’information, des vidéos, communiquer sur les réseaux sociaux, faire des appels aux dons, …

Et parallèlement à cela, pour le projet des habitats partagés, nous recherchons à renforcer notre équipe « commission habitat » pour bien préparer ce projet. Cela concerne différents « profils » et différentes compétences (que l’on soit professionnel dans ce milieu ou juste passionné) notamment :

  • Ergothérapeutes ou kinésithérapeutes
  • Personnes ayant des connaissances dans le bâtiment
  • Décoration, aménagement d’intérieur (architecte d’intérieur)
  • Finance, gestion.

D’autres projets pourraient-ils naître après celui-ci ?

Oui bien sûr, en fonction de l’accueil qui sera réservé au projet actuellement en cours pour les 3 maisons d’habitat partagé à venir.

Au départ nous avions la possibilité de réaliser 4 habitats partagés en même temps, mais nous avons préféré en faire 3 pour commencer et voir ensuite en fonction de la demande. Il serait envisageable d’en créer une quatrième et peut-être d’autres ailleurs, sur l’agglomération de Lille ou dans d’autres villes des Hauts de France.

Merci Vincent pour vos réponses !

Alors si vous êtes animé par l’envie de servir une cause humaine et participer à un projet social d’envergure, contactez l’association L’auberge de Simon au 06.09.60.67.15 ou par mail à l’adresse asso.laubergedesimon@gmail.com.

Vous pouvez également consulter la page de présentation de l’association sur le site de la fédération Simon de Cyrène en cliquant ici, cette page est d’ailleurs amenée à évoluer au fil des avancées du projet.

L'Auberge de Simon organise des sorties qui rassemblent personnes handicapées et valides
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